n janvier 1997, trois mois après le lancement de l’Overseas, Europa Star rencontrait le CEO d’alors, Claude-Daniel Proellochs, pour mieux comprendre ce qui avait poussé Vacheron Constantin à lancer un modèle «considérablement plus sportif» que tout ce qu’avait fait la marque jusqu’alors.
A cette question, M. Proellochs répondait en énumérant trois raisons fondamentales: l’appétit d’alors des marchés pour les montres acier, le nécessaire rajeunissement de la clientèle et la volonté de contrer les vents économiques contraires qui soufflaient alors en stimulant la distribution, notamment, et en revitalisant le marché européen. Au-delà de ces facteurs économiques, s’ajoutait la «nécessité pour la marque de répondre de façon plus aiguisée à l’évolution des attitudes des consommateurs, aux changements de goûts qui vont affecter les marchés de demain.»
Par ailleurs, la première Overseas acier avec mouvement quartz était le modèle le plus compétitif de la marque, vendu alors pour 6’200 francs suisses. Et en parallèle étaient aussi proposés – standing oblige – des modèles or et diamants, avec mouvement automatique, vendus au prix de 32’000 francs suisses. Mais M. Proellochs d’insister: «Si l’Overseas va nous permettre d’augmenter de façon importante nos volumes ce n’est pas pour autant que Vacheron Constantin deviendra une marque mono-produit». Pari tenu, comme on peut fort bien le constater trente ans plus tard.
Aux sources de l’Overseas
L’Overseas de 1996 n’est cependant pas surgie de nulle part. Elle a un ancêtre, la Vacheron Constantin 222, créée en 1977 à l’occasion des 222 ans de la maison.
Dessinée alors par le jeune designer d’origine allemande Jorg Hysek, la 222 est déjà en rupture avec les codes classiques de la maison: un boîtier en acier de 37 mm avec bracelet intégré, une lunette cannelée, une petite Croix de Malte en or soudée à 5h sur le boîtier monobloc d’une minceur remarquable avec ses 7 mm d’épaisseur.
Equipée du calibre ultra-plat 1120 sur base Jaeger-LeCoultre 920, la 222 a été produite jusqu’en 1984 dans sa taille «Jumbo». Une production estimée à environ 1’000 exemplaires, ce qui en fait une rareté. Vacheron Constantin l’a d’ailleurs rééditée en 2022 en or jaune puis en acier.
Autre source, bien distincte stylistiquement mais encore antérieure, l’Heritage Royal Chronomètre de 1975, qui fut la toute première incursion de Vacheron Constantin dans le segment de la montre sportive en acier avec bracelet intégré.
Trois générations de l’Overseas
Lancée donc en 1996, l’Overseas a évolué au cours de trois «générations», affirmant graduellement à la fois sa vocation sportive et sa polyvalence.
Elle a été dessinée par Dino Modolo, jeune designer indépendant, et Vincent Kaufmann, designer interne qui, par la suite, s’attachera à développer les nouveaux modèles. A sa naissance, l’Overseas se présente dans un boîtier de 37 mm, dont le fond plein est orné d’une gravure représentant l’Amerigo Vespucci, le voilier du navigateur florentin qui donna son prénom à l’Amérique en 1507. Nul hasard en ceci, mais la volonté de placer d’emblée l’Overseas sous le signe de «l’esprit de l’exploration». Le bracelet en acier, voire en or, aux maillons droits et plats est intégré au boîtier, et le mouvement qui l’anime est le calibre 1310, un automatique certifié COSC basé sur l’architecture du Girard-Perregaux 3100.
Et trois ans plus tard, en 1999, la collection Overseas présente son premier chronographe, sur une base Frédéric Piguet 1137.
Mais dès 2004, apparaît la deuxième génération de l’Overseas, dont le caractère sportif va en s’affirmant. Son boîtier passe ainsi de 37 mm à un puissant 42 mm et, stylistiquement, le bracelet métal est entièrement repensé de façon à intégrer le motif emblématique de la Croix de Malte dans le dessin même de ses maillons. Le cadran devient finement guilloché et c’est désormais le Calibre VC 1126, basé sur un mouvement Jaeger-LeCoultre – qui, depuis 2000, fait partie du même groupe Richemont que Vacheron Constantin, acquis en 1996 – qui anime la collection. Détail technique, ce mouvement est protégé contre les champs magnétiques par une cage en fer doux.
Cette seconde génération va aussi voir l’éclosion de nombreux modèles différents, incluant diverses complications, ainsi que des versions joaillières.
Troisième génération
La troisième génération Overseas apparaît quant à elle il y a tout juste dix ans en 2016. Stylistiquement plus fluide, la montre conserve tous ses signes identitaires les plus marquants qui ont contribué à sa reconnaissance et à son succès, dont essentiellement son bracelet intégré au motif Croix de Malte et sa lunette crantée - qui passe cependant de 8 à 6 crans. Mais pour la première fois, le fond de son boîtier est équipé d’un verre saphir transparent qui permet d’admirer le mécanisme.
Ce détail prend toute son importance car il correspond à l’arrivée des mouvements in-house de Manufacture, notamment de la série des 5000, tous estampillés du Poinçon de Genève.
Ceci dit, l’innovation la plus marquante est le système de changement rapide des bracelets, ne nécessitant aucun outil, qui permet à l’Overseas de s’adapter instantanément à toutes les circonstances. Et désormais, chaque Overseas est présentée avec son set de trois bracelets, métal, cuir et caoutchouc. Une versatilité assumée. (A noter que les modèles montés originellement sur alligator ou cuir de veau ne sont présentés qu’avec un seul bracelet alternatif, en caoutchouc).
Depuis le démarrage en 2016 de cette nouvelle génération d’Overseas, la collection s’est considérablement développée. Aux modèles heure, minute, seconde se sont ajoutées nombre de complications et de versions squelette. A l’acier et l’or qui étaient ses matériaux traditionnels depuis 1996, se sont aussi adjointes des versions titane et platine, démontrant ainsi la versatilité exceptionnelle de l’Overseas, sous ses multiples atours.
L’Overseas Quantième Perpétuel Ultra-Plate Cadran Azur
Montre-anniversaire célébrant aujourd’hui les 30 ans de la collection, l’Overseas Quantième Perpétuel Ultra-Plate Cadran Azur exprime à la perfection la finesse, le classicisme, la sportivité, l’excellence horlogère et l’élégance de l’Overseas.
Ces qualités, elle les sublime, si l’on peut dire, dans la nouvelle couleur bleue, légère, moins intense et saturée que le bleu originel de 2016, devenu depuis «iconique», au cœur de la collection, un azur qui lui confère un caractère assez unique en son genre, une légèreté, réminiscence des grands espaces auxquels l’Overseas aspire.
Cette douce couleur azur laquée, qui varie selon les angles de la lumière, joue subtilement avec les reflets d’or blanc projetés par le boîtier et les index, conférant au cadran un rare effet de profondeur. La lisibilité des différentes indications – ce qui est une exigence de toute première importance spécifiquement pour un calendrier perpétuel – est aussi confortable qu’harmonieuse, à l’exemple de la phase de lune, indications arborant une nuance de bleu qui les détache du cadran avec subtilité. Les aiguilles des heures et des minutes ainsi que les index sont recouverts de Super-Luminova® bleu, offrant une lecture nocturne du plus bel effet.
Ce nouveau modèle, destiné à être un véritable compagnon de voyage, est offert avec ses trois bracelets interchangeables, un système exclusivement réservé à l’Overseas. Le bracelet intégré en or blanc est équipé d’une boucle déployante avec système de micro-ajustement, tandis que les deux bracelets complémentaires – ici en caoutchouc texturé blanc et bleu denim – sont quant à eux équipés d’une boucle ardillon en or blanc.
Ultra finesse architecturale
Ultra-plate, l’Overseas Quantième Perpétuel arbore un boîtier en or blanc 18 carats de 41,5 mm de diamètre pour une épaisseur de 8,1 mm. Tout en finesse, il renferme le calibre 1120 QP/1, un mouvement automatique incorporant un calendrier perpétuel avec indication des heures, minutes, de la date, du jour de la semaine, du mois – de 28, 30 ou 31 jours – et de l’année bissextile – le tout programmé jusqu’en l’an 2100 – ainsi qu’une superbe indication des phases de lune.
Ce mouvement de grande complication, qui intègre 276 composants dans son espace compact, est intégralement développé et manufacturé par Vacheron Constantin. Il est le fruit de la longue tradition de développement de mouvements extra-plats de la manufacture genevoise (une tradition qui remonte notamment à deux calibres devenus légendaires, le mouvement mécanique à remontage manuel 1003, le plus mince du monde à sa sortie en 1955, avec une épaisseur de seulement 1,64 mm, ou encore l’automatique extra-plat 1120 de 1968).
La beauté et la complexité de ce mouvement peuvent être admirées au dos du boîtier à travers la glace saphir qui le protège. On appréciera particulièrement la finesse des composants et l’harmonieuse architecture du mouvement qui démontre la maîtrise technique des horlogers de Vacheron Constantin. Dans la grande tradition des calibres de la Haute horlogerie, on peut apprécier à sa juste mesure l’excellence des finitions – attestées par le Poinçon de Genève dont la montre est dotée: ponts biseautés et décorés de Côtes de Genève, perlage de la platine, finitions verticales ou satinées des composants du calendrier perpétuel. La masse oscillante en or 22 carats est gravée de la rose des vents emblématique de la collection Overseas.
Un motif qui rappelle le motto de l’Overseas «Explore all ways possible».


