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Vingt ans de passion horlogère au L.U.CEUM

novembre 2026


Vingt ans de passion horlogère au L.U.CEUM

De la collection personnelle devenue musée à l’inspiration puisée dans les œuvres de Ferdinand Berthoud, en passant par la transmission aux nouvelles générations et la place accordée à l’art, Karl-Friedrich Scheufele évoque la manière dont l’histoire nourrit le présent et l’avenir de Chopard.

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é en 2006 du désir et de la ténacité de Karl-Friedrich Scheufele, co-président de Chopard et président de la Chronométrie Ferdinand Berthoud, le L.U.CEUM se love au sein de la Manufacture Chopard, au cœur du village de Fleurier.

Pensé comme un lieu de préservation et de transmission de l’esprit et des savoir-faire historiques, le L.U.CEUM est un musée privé, dont l’accès est réservé aux clients Chopard, aux partenaires et détaillants, et à la presse, exclusivement sur rendez-vous. Les équipes de recherche & développement de Chopard peuvent y étudier des chefs-d’œuvre de l’art horloger, afin de créer des mouvements et montres dignes de leurs illustres prédécesseurs, tels Louis-Ulysse Chopard et Ferdinand Berthoud. Notre entretien avec Karl-Friedrich Scheufele.

Europa Star: Le L.U.CEUM tire son nom d’un néologisme, inspiré de «L.U.C» (Louis-Ulysse Chopard), fondateur de Chopard en 1860, et du mot latin «lyceum», lieu d’apprentissage. La formation et la transmission sont au centre du projet du L.U.CEUM. Avec le recul, diriez-vous qu’il a rempli sa mission?

Karl-Friedrich Scheufele: A travers la collection du L.U.CEUM, non seulement nous préservons le patrimoine horloger suisse et international, mais nous nous en inspirons énormément. Il s’agissait au départ de ma collection personnelle, comprenant quelques garde-temps hérités de mon grand-père, que j’ai ensuite convertie en une collection d’entreprise. J’ai alors cherché à l’étoffer et découvert le fabuleux travail - encore méconnu à l’époque - de Ferdinand Berthoud.

Par l’intermédiaire de notre musée et avec l’aide de notre conservatrice, nous avons ainsi acquis tous les livres de l’illustre horloger en première édition, et nous nous en sommes abondamment inspirés afin de garder l’esprit du Maître dans les créations contemporaines de la Chronométrie Ferdinand Berthoud.

L’an dernier, nous avons posé un jalon supplémentaire avec le projet Naissance d’une Montre 3: un projet horloger et patrimonial d’une ampleur unique, l’aboutissement d’une aventure humaine et de six années de travail. Nous avons présenté un garde-temps de poignet exceptionnel, certifié «Chronomètre» par le COSC et intégralement réalisé à la main avec des outils traditionnels, sans assistance numérique. Le L.U.CEUM a apporté un soutien considérable à ce projet sans précédent au sein de notre.groupe.

Un autre aspect de notre manufacture est sa vocation d’entreprise formatrice: à Fleurier, nous proposons des apprentissages de micromécanicien et d’horloger CFC. Lors de leur cursus, les apprentis visitent également le L.U.CEUM et peuvent poser des questions à notre conservatrice.

La muséographie du L.U.CEUM est atypique car les pièces maîtresses sont réparties en secteurs thématiques: «grandes réalisations», «la mesure de la précision», «voyager avec le temps». En outre, plusieurs montres historiques sont présentées aux côtés de modèles Chopard de la collection L.U.C contemporaine, instaurant une sorte de dialogue entre les époques. Quel message souhaitez-vous adresser à travers ce choix?

Les garde-temps exposés au L.U.CEUM sont organisés en 12 thèmes, dans lesquels s’inscrivent les montres contemporaines L.U.C de Chopard. Le concept du temps, dans toutes ses variations, m’a toujours passionné. C’est pour cette raison que nous avons défini 12 thèmes, en référence aux 12 index qui se trouvent sur le cadran des montres, et qui représentent des aspects de la mesure du temps qui me plaisent particulièrement les instruments élémentaires de mesure du temps, les premières horloges à roues, le temps en voyage, les montres pour le marché chinois, le temps subdivisé, etc.

Evidemment, les deux premiers thèmes ne peuvent être associés à une montre Chopard en raison de l’ancienneté des garde-temps présentés; mais grâce à l’étendue de notre collection L.U.C, nous avons pu trouver une correspondance pour tous les autres secteurs thématiques. Nous souhaitions aussi évoquer le fait que ces thèmes sont intemporels: par exemple, connaître le temps en voyage est une nécessité depuis plusieurs siècles et les échanges avec la Chine ne datent pas d’hier.

Ferdinand Berthoud, Montre astronomique de poche N° 3.
Ferdinand Berthoud, Montre astronomique de poche N° 3.

L’acquisition de la montre astronomique N° 3 de Ferdinand Berthoud - l’une des pièces maîtresses de la collection - est présentée comme l’acte fondateur de la Chronométrie Ferdinand Berthoud. Pouvez-vous nous dire comment cette pièce inspire les créations contemporaines de la manufacture?

Il s’agit d’une montre exécutée par Jean Martin, élève de Berthoud, terminée en 1806 et livrée à Jean Chaptal, comte de Chanteloup, médecin et homme politique. Elle fait partie de la collection du L.U.CEUM depuis 2005. Ferdinand Berthoud considérait lui-même que ce garde-temps réunissait toutes les qualités requises pour permettre les observations astronomiques, sur lesquelles reposaient notamment les calculs de longitude.

La montre astronomique N° 3 est la première montre de poche de Ferdinand Berthoud à avoir rejoint le L.U.CEUM. Elle présente une esthétique à l’origine de plusieurs choix de la Chronométrie Ferdinand Berthoud. Son cadran en laiton doré, doté de cadrans annulaires appliqués en argent, est une composition que l’on retrouve sur les premières créations, progressivement déclinée en plusieurs options de matériaux. En outre, le choix d’afficher les heures avec des chiffres romains, et les minutes avec des chiffres arabes, est une autre ligne directrice que l’on retrouve dans la collection FB 2RE à remontoir d’égalité. Sur le plan technique, la montre astronomique N° 3 et la plupart des créations contemporaines (notamment les collections FB 1 et FB 2) possèdent un mouvement avec fusée-chaîne.

De même, le choix d’une grande seconde centrale est un élément inspiré de la montre astronomique N° 3. Il en va de même pour les gravures que l’on trouve côté cadran et la typographie cursive. Le cadran de la montre astronomique N° 3 indique sa date de création. Pour les créations contemporaines, la Chronométrie Ferdinand Berthoud y substitue l’origine géographique, «Val-de-Travers Suisse». Je pense qu’il s’agit d’une bonne source d’inspiration pour nos créations contemporaines.

Le modèle L.U.C Grand Strike couronne le savoir-faire de Chopard en matière de montres à sonnerie. Il est équipé des fonctions grande sonnerie, petite sonnerie et répétition minutes. Grâce à la technologie exclusive, brevetée par la Manufacture, des timbres et de la glace en saphir monobloc, il génère un son d'une profondeur et d'une richesse remarquables.
Le modèle L.U.C Grand Strike couronne le savoir-faire de Chopard en matière de montres à sonnerie. Il est équipé des fonctions grande sonnerie, petite sonnerie et répétition minutes. Grâce à la technologie exclusive, brevetée par la Manufacture, des timbres et de la glace en saphir monobloc, il génère un son d’une profondeur et d’une richesse remarquables.

Le L.U.CEUM propose également un espace dédié aux œuvres d’art, modernes et contemporaines, dévolues au thème du temps. Quelle place l’art tient-il dans l’histoire de Chopard?

Depuis 20 ans, par l’intermédiaire du L.U.CEUM, et depuis bien plus longtemps à titre privé, je collectionne les œuvres d’art. Le thème du temps s’est naturellement imposé à moi dans le cadre de la collection du L.U.CEUM, qui rassemble des œuvres de la Renaissance à nos jours. Dans nos locaux de Fleurier et Genève sont exposés des objets d’art liés à la thématique du temps et à ses représentations variées, à différentes époques: instruments de mesure, représentations picturales d’instants fugaces, œuvres à vocation plutôt philosophique, art régional, etc. Notre portée est plutôt large et je fonctionne au coup de cœur.

D’un point de vue plus entrepreneurial, sous l’égide de notre famille depuis 1963, Chopard élève la bienfacture au rang d’art, grâce au travail d’artisans enthousiastes et experts dans leurs domaines d’excellence. Mes parents ont apporté à Chopard l’art de l’orfèvrerie et des chaînes issu de leur région d’origine: Pforzheim. Ma sœur Caroline a insufflé sa passion pour l’art, pour les couleurs, et sa créativité débordante dans nos créations joaillières ainsi que dans nos collections de haute joaillerie.

Pour ma part, avec Chopard Manufacture, établie à Fleurier depuis 1996, nous sommes retournés aux sources de l’art horloger. En 2026, Chopard Manufacture célèbre avec fierté trois décennies d’expertise horlogère et nous venons de présenter notre L.U.C Grand Strike, que je considère comme une œuvre d’art à part entière. Au sein de notre maison, plus de quarante métiers traditionnels donnent naissance à des créations uniques, façonnées par le plus précieux des outils: la main de l’homme.

Enfin, la Haute Horlogerie est-elle, selon vous, un art comme un autre?

A mes yeux, la Haute Horlogerie n’est pas un art comme les autres, il s’agit d’un art absolu, à 360 degrés. Elle englobe à la fois la dimension esthétique et les prouesses techniques de l’art horloger. De la construction horlogère à l’assemblage, en passant par le réglage du mouvement et l’addition de complications, chaque montre est une merveille de fiabilité, de précision et de technicité.

Au-delà de l’art minutieux du garde-temps, nous laissons libre cours à l’expression artistique sur les surfaces du cadran, du boîtier ou du mouvement. Nous sommes très heureux d’avoir fondé un pôle Métiers d’art, qui nous permet de réaliser des chefs d’œuvre en émail, gravure fleurisanne, marqueterie de paille ou encore laque Urushi, mais aussi de profiter de l’expertise interne de designers, de sertisseurs, d’artisans capables de toutes les prouesses pour la beauté de l’art. La Haute Horlogerie est donc un art aux multiples facettes et dans lequel deux aspects antagonistes, la performance technique et l’harmonie esthétique, ne s’opposent pas mais se complètent.