est dans une salle de fitness au cœur de la vieille ville de Zurich – un lieu pour le moins inhabituel pour une présentation de presse, mais approprié pour la circonstance – que Tissot a dévoilé la nouvelle version de sa T-Touch Connect Sport, dotée de fonctions sport et bien-être. Le marché suisse sert de laboratoire pour sa commercialisation, qui sera étendue au reste du monde en 2024.
Dotée d’un diamètre réduit à 43 mm, la nouvelle version conserve les propriétés de la version précédente: ses cellules solaires haute performance situées sur le cadran captent la lumière et stockent l’énergie dans un accumulateur qui permet à la montre de fonctionner pendant plusieurs mois sans avoir besoin d’être rechargée. Alliant des matériaux tels que la céramique et le titane à des finitions brossées et polies, la montre est aussi dotée d’une glace saphir tactile, équipée d’un écran AMOLED, qui réagit au toucher direct ou par l’intermédiaire des poussoirs latéraux.
Nous avons profité de ce lancement pour nous entretenir avec Sylvain Dolla, le CEO depuis 2020 de la marque locloise, qui règne sur le segment des montres Swiss made entre 300 et 1’000 francs et demeure un poids lourd de l’horlogerie suisse en termes de volumes.
Europa Star: Quelle était votre feuille de route pour cette nouvelle version de la T-Touch Connect Sport?
Sylvain Dolla: D’une part, nous souhaitions créer un modèle complémentaire à la version précédente en intégrant des fonctions de mesure plus poussées. D’autre part, nous voulions proposer un modèle aux dimensions réduites, avec une épaisseur de moins de 13 mm et un diamètre de 43 mm contre 47 mm précédemment, notamment afin de séduire une clientèle féminine. Les deux versions sont ainsi complémentaires, l’une ne remplace pas l’autre mais l’offre est élargie. Toutes deux fonctionnent à l’énergie photovoltaïque et reposent sur notre système d’exploitation maison SwALPS. Et l’app a été mise à jour pour les deux versions.
Est-ce que vos processus de production ont évolué?
Oui car nous avons internalisé l’unité de fabrication de cellules solaires qui avait été développée avec le CSEM, sur un nouveau site Nivarox de 1’000 m2 à La Chaux-de-Fonds. C’est un outil flambant neuf, capable de produire des centaines de milliers de composants par année, disponible pour l’ensemble du groupe. Nous sommes ainsi devenus le plus grand fabricant de cellules solaires de Suisse pour l’horlogerie.
Le paradoxe c’est que vous attirez une clientèle très jeune avec votre modèle néo-vintage PRX, tandis que les fonctions de mesure de la santé de la T-Touch séduisent notamment les personnes plus âgées!
En effet, cela va à l’inverse de ce que l’on aurait pu prévoir il y a quelques années. Les besoins de monitoring sont importants pour le groupe cible de la T-Touch Connect Sport, alors que la PRX nous a permis de rajeunir complètement la clientèle de Tissot, avec un succès phénoménal auprès des 18-32 ans. Elle représente aujourd’hui 27% de nos ventes totales, complétant une offre véritablement globale. Tissot s’impose ainsi toujours plus comme la marque de la «première belle montre suisse» pour beaucoup de jeunes dans le monde, avec la PRX sur le sport-chic accessible, la Chemin des Tourelles ou la Le Locle pour un style plus traditionnel ou la Seastar 2000 Professional pour la montre de plongée.
Au vu de vos niveaux de prix et de votre présence de longue date en Asie, la clientèle touristique représentait historiquement une part importante de vos ventes. Comment vous-êtes vous adaptés face à l’interruption de ces flux suite au Covid?
Avec beaucoup de succès: la clientèle locale s’est imposée et nous enregistrons une croissance à deux chiffres par rapport à 2019 avec beaucoup moins de visiteurs asiatiques. Même sur les Champs-Elysées, notre clientèle est à présent majoritairement française! De même en Suisse, où nous avons une majorité de clients locaux, en étant fortement présent dans des grandes surfaces ou chez des détaillants historiques. Nous sommes d’ailleurs dans une phase de redéploiement en Europe de notre réseau physique, avec de nouvelles boutiques flasgship à Londres, Amsterdam ou Varsovie. Et nous pouvons compter sur un réseau multimarque global d’environ 11’000 points de vente. Celui-ci a maintenant été stabilisé et nous ne menons pas de coupes drastiques.
Et en Chine?
Un certain nombre de points de vente avaient fermé à Hong Kong mais nous procédons à des réouvertures. La Chine reste prioritaire pour la marque, même après la période très difficile du Covid: nous y comptons une équipe locale de 150 personnes et avons signé de nouveaux ambassadeurs, comme Simon Gong.
Quels sont vos objectifs stratégiques prioritaires pour 2024?
Nous allons dérouler le lancement global de la T-Touch Connect Sport, qui est actuellement disponible en Suisse en exclusivité jusqu’au mois de février. Nous entendons consolider notre créneau le plus important, entre 500 et 1’000 francs, mais sans abandonner celui de 250-300 francs, même si la force du franc suisse rend celui-ci difficile. Au-delà des 1’000 francs, nous proposons des chronographes automatiques, mais ce n’est bien sûr pas là où nous faisons les plus gros volumes.
Nous avons une gamme large et tous les signaux sont au vert: j’adore travailler sur notre créneau accessible car nous avons la capacité de toucher une large communauté, avec des millions de montres vendues chaque année. C’est autant, si ce n’est plus passionnant que le haut de gamme!


