ositionnée pile sur le prix de cœur de gamme de Maurice Lacroix, à 1’990 francs, la Pontos S Diver se révèle être le lancement le plus important pour la marque suisse cette année. Ou plutôt la relance: le modèle avait eu une première vie entre 2013 et 2016 – Maurice Lacroix décidant alors de se concentrer sur le développement de l’Aikon (basée sur la Calypso des années 1990), avec le succès que l’on connaît, permettant un retour au première plan d’une marque revenue à son identité profonde, celle d’une horlogerie accessible, après une décennie 2000 placée sous le signe de la montée en gamme.
Un héritage haut de gamme qui a – paradoxalement peut-être – donné lieu à la collection sportive et accessible Pontos S, comme le rappelle le directeur général Stéphane Waser: «En 2008, la marque a élaboré le modèle concept de Haute Horlogerie Mémoire 1, positionné à plusieurs centaines de milliers de francs, avec un design caractérisé notamment par un réhaut intérieur. Nous avons envisagé ensuite de le décliner en chronographe à rattrapante. Néanmoins à la suite de la crise financière de 2009, nous avons plutôt opté pour un modèle à chronographe simple, beaucoup plus accessible mais en gardant le concept de réhaut intérieur à lunette tournante. C’est là l’origine de la ligne Pontos S.»
Plusieurs vies
La gestation de la Pontos S Diver remonte ainsi à plus de dix ans et le modèle a connu plusieurs vies. Par rapport à son prédécesseur, le modèle de 42 mm étanche jusqu’à 30 atm, développé en partenariat avec la championne croate d’apnée Lidija Lijic pour assurer une lisibilité optimale, a notamment été affiné, pour un port plus élégant sous l’eau ou sur terre. La montre est disponible en acier inoxydable, à cadran grainé noir ou laqué blanc, mais aussi pour la première fois en bronze dans une édition limitée à 500 exemplaires. Les aiguilles des heures et des minutes sont facettées et revêtues de Super-LumiNova®.
«Depuis que nous l’avions retiré, ce modèle revenait constamment sur la table, souligne Stéphane Waser. En 2018, par exemple, nous avions calculé que 15% des conversations sur Instagram à propos de Maurice Lacroix portaient sur le modèle Pontos S Diver, alors que celui-ci ne figurait plus au catalogue! Cette popularité persistante a prouvé que le modèle continuait à présenter un fort potentiel. Cela a contribué à la réflexion sur sa relance.»
Renouveau de la ligne complète
Maurice Lacroix a commencé à plancher dès 2019 sur la relance de ce modèle, bien distinct de l’Aikon Venturer, autre montre de plongée de la marque au look plus rugueux. Mais avant cela, il s’agissait déjà de poser les bases du renouveau pour l’ensemble de la ligne Pontos S, afin de ne pas en faire un modèle isolé. La présentation d’un duo de modèles Pontos S Chronongraph l’an dernier a confirmé cette volonté d’en faire une ligne complète.
De quoi équilibrer la domination de l’Aikon chez Maurice Lacroix? «Même si elle représente déjà 80% des nouvelles ventes, ce n’est en réalité encore que le début de l’Aikon, nuance Stéphane Waser. Nous travaillons surtout à améliorer encore la notoriété globale de la marque, à travers toutes les collections. Nous voulons offrir un large choix de modèles à des prix accessibles: la Pontos S Diver offre l’alternative d’un modèle de plongée particulièrement élégant.»
Alors que plusieurs marques de groupe actives sur un créneau similaire se concentrent sur le développement de leurs propres boutiques, Maurice Lacroix a plutôt choisi d’approfondir ses relations avec son réseau de longue date de détaillants multimarques. De quoi offrir un argument de plus dans cette compétition pour la place en boutique.


